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J'apprends avec tristesse et émotion la disparition du libraire George Whitman, fondateur de la librairie « Shakespeare and Company ».
George Whitman est parti retrouver certains illustres clients de sa librairie tels Jack Kerouac et Allen Ginsberg : le fondateur de Shakespeare and Company, à Paris (5e), s'est éteint mercredi 14 décembre, à l'age de 98 ans, « en paix, chez lui dans l'appartement au-dessus de sa librairie », annonce la page Facebook de Shakespeare and Co.
Figure emblématique de la librairie parisienne et du quartier latin, il avait « dédié sa vie aux livres, aux lecteurs et aux auteurs », précise encore la page Facebook. En 2006, à l'âge de 93 ans, il avait laissé les rênes de sa librairie à sa fille, Sylvia Whitman.
Libraire à Boston, George Whitman s'installe à Paris après la Seconde Guerre mondiale, à laquelle il prend part en tant que G.I.. Bibliophile, il commence alors à faire le commerce des livres qu'il accumule par passion.
Au début des années 1950, pour officialiser son activité, il rachète le nom de Shakespeare and Company, la fameuse librairie fondée rue de l'Odéon par Sylvia Beach et dédiée à la littérature anglophone, qui avait fermé ses portes en 1944.
Il s'installe alors au 37, rue de la Bûcherie, en face de Notre-Dame, dans un immeuble racheté pour trois fois rien, et parvient à faire à nouveau de Shakespeare and Company le rendez-vous des amateurs de littérature anglophone.
Célèbre pour son classement très personnel, George Whitman n'hésite pas à poursuivre le travail de Sylvia Beach en soutenant de jeunes auteurs américains sans le sou venus chercher l'inspiration à Paris. Jack Kerouac et Allen Ginsberg furent ainsi hébergés au premier niveau de la librairie, qui sert à la fois de lieu d'accueil pour les lectures du lundi soir et de chambre à coucher.
Au fil de sa carrière, le libraire s'est ainsi efforcé de rester fidèle aux vers du poète Yeats, inscrits sur les murs de sa librairie et dont il avait fait sa devise : « ne soyez pas hostiles aux étrangers de peur qu'ils ne soient des anges déguisés ».
Nous regretterons ce grand Parisien. Au nom des amoureux du Quartier Latin, de « Shakespeare and Company » et en mon nom personnel, je m'incline devant la mémoire de George Whitman, et j'exprime à sa famille et à ses proches notre solidarité et notre profonde sympathie.
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